Épisode 6 : Le prix
Chères amies lectrices,
L'autre jour, je faisais mes courses. J'étais devant une barquette de tomates. 8 € les tomates.
Je les ai regardées un long moment. À ce prix-là, j'ai presque eu envie de demander si elles avaient été élevées en plein air. Et puis je me suis dit qu'au fond, on faisait toutes la même chose. On regarde un prix et on se pose la question : « Est-ce que ça vaut vraiment son prix ? »
Je me suis donc dit qu'il serait intéressant de faire le même exercice avec une pièce Ginette. Prenons notre chemise Boy. Elle coûte 149 € TTC. Quand on voit ce prix, on pourrait croire que Ginette encaisse 149 €. Si seulement…
La réalité est un peu différente. Avant même que je puisse toucher un euro, 20 % partent déjà en TVA, taxes et impôts. L'État est toujours le premier servi. Sur ce point-là, il ne rate jamais son rendez-vous.
Puis viennent les 30 % consacrés à la production, et c'est probablement la partie que je préfère. Derrière ces 30 %, il y a les heures passées à imaginer la pièce, les prototypes, les essayages, les ajustements et tous ces petits détails que l'on change parfois dix fois avant de se dire : « Là, c'est bon. »
Il y a aussi le choix des tissus. Je passe beaucoup de temps chez mes fournisseurs à Paris à toucher les matières, comparer les tombés et chercher de belles fibres naturelles. Mon objectif est simple : que votre chemise soit toujours aussi jolie dans cinq ans.
Et puis il y a notre atelier parisien. Une entreprise familiale où travaillent 6 mécaniciennes (c'est comme ça qu'on les appelle dans le métier), qui confectionnent chacune de vos pièces. À chaque commande, vous participez à faire vivre ces emplois et à préserver une fabrication française qui devient malheureusement de plus en plus rare.
Ensuite viennent les 15 % dédiés aux shootings et à la communication. Parce qu'une chemise ne se vend pas toute seule. Il faut organiser les shootings, prendre les photos, tourner les vidéos, répondre à vos messages, préparer les newsletters (coucou 👋), faire vivre Instagram, le site internet… Bref, faire connaître Ginette.
Puis arrivent les 25 % consacrés aux salaires et au fonctionnement. Derrière une marque, il y a aussi le loyer, Pauline, le showroom, le site internet, le comptable, les logiciels, les assurances, l'électricité, les cartons, le papier de soie, les cartes de remerciement et les frais de livraison (environ 8 € par colis). Et tout ça… hors taxes, évidemment. Ce serait beaucoup trop simple sinon !
Et puis il reste 10 % de marge, cette marge ne sert pas à m'acheter un sac à main tous les mois. Elle sert à produire les prochaines collections, investir, absorber les imprévus, remplacer un ordinateur qui décide de rendre l'âme un lundi matin… bref, à permettre à Ginette de continuer à avancer. Et puis, lors des bons mois, à me verser un salaire.
Je ne vous raconte pas tout ça pour vous dire que nos pièces ne sont pas chères. Ni pour vous faire culpabiliser. Je trouvais simplement intéressant de vous montrer ce qu'il y a derrière une étiquette.
Parce qu'aujourd'hui, quand vous achetez une pièce Ginette, vous n'achetez pas seulement un vêtement. Vous choisissez une fabrication française, des matières naturelles, un atelier parisien, 6 mécaniciennes, une petite équipe passionnée et une entreprise qui essaie, chaque jour, de fabriquer autrement.
Alors oui, 149 €, c'est une somme. Moi aussi, je réfléchis avant un achat. Mais j'espère qu'après cette newsletter, vous regarderez peut-être cette étiquette avec un œil un peu différent.
Bon… Je vous laisse. Je vais retourner voir mes tomates. On ne sait jamais, avec un peu de chance, elles seront enfin en soldes !
Et enfin, je vous donne rendez-vous en septembre pour une nouvelle saison de Manon Papote.
Profitez bien de vos vacances !
Manon